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LES AILES DE L’ESPERANCE
Vo. Battle Hymn





Année : 1957
Pays : Etats-Unis
Durée : 1 h 48 min.
Genre : biographie
Couleur

Réalisateur : Douglas SIRK
Scénario : Vincent B. EVANS, Charles GRAYSON

Acteurs principaux :
Rock HUDSON (Colonel Dean Hess), Anna KASHFI (En Soon Yang), Dan DURYEA (Sergent Herman), Don DeFORE (Capitaine Dan Skidmore), Martha HYER (Mary Hess), Jock MAHONEY (Major Moore), Alan HALE Jr. (Sergent), James EDWARDS (Lieutenant Maples), Carl Benton REID (Deacon Edwards), Richard LOO (Général Kim), Philip AHN (le vieil homme, Lun-Wa), Bartlett ROBINSON (Général Timberidge)

Musique : Frank SKINNER
Photographie : Russell METTY
Producteur : Ross HUNTER
Compagnie productrice : Universal pictures

Avions :
-North American F-51D Mustang, s/n 44-74960
-North American T-28A Trojan
-Fairchild C-119G Flying Boxcar

 

Notre avis :

«Les ailes de l’espérance» raconte l’histoire du colonel Dean E. Hess, un pasteur des Disciples du Christ qui fit, pendant la seconde guerre mondiale, soixante deux missions comme pilote de chasse, et reçut le surnom de «The flying preacher» (et non de « killer » comme dit dans le film !)... Il fut rappelé par l’USAF en 1948, et, quand la guerre de Corée éclata, il fut chargé d’entraîner les pilotes des toute nouvelles forces aériennes sud-coréennes. Le titre du film vient de l’air favori de Hess, « The battle hymn of the Republic ».

Le 27 juillet 1950, dans le cadre du projet BOUT 1, un unité spéciale, le 51st Provisional Squadron, fut formée au Japon, sous les ordres de Hess pour entraîner dix pilotes sud-coréens triés sur le volet et équipés de vieux F-51 qui servaient, au Japon, de remorqueurs de cibles. Certains de ces pilotes étaient des vétérans de la guerre, comme le colonel Lee qui avait descendu vingt trois avions américains ! Bien qu’ils ne fussent pas encore pleinement opérationnels sur leur nouvel appareil, ils furent transférés à Taegu en Corée du Sud, et à peine arrivés, durent appuyer l’infanterie américaine, la situation au sol étant des plus critiques. Ces opérations révélèrent un certaine nombre de problèmes, dont celui de la langue, la plupart des pilotes sud-coréens ne parlant pas anglais, la coordination avec les forces américaines était dès lors très malaisée. Fin juillet, l’USAF décida de dissoudre cette unité, ce qui entraîna les protestations du gouvernement sud-coréen et du major Dean Hess. L’unité fut maintenue, mais avec deux pilotes américains, dont Hess, et treize mécaniciens seulement. Après de nouvelles pertes, Hess décida que les sud-coréens avaient besoin de plus d’entraînement, tout en prenant part personnellement aux combats, pendant la bataille de la poche de Pusan. Le 6 décembre 1950, le 51st Squadron retourna à Taegu et apporta son soutien aux forces des Nations Unies. Le projet BOUT 1 fut considéré comme un succès, et l’USAF accepta d’entraîner de nouvelles recrues sud-coréennes, tout en leur allouant de nouveaux F-51. Le projet prit fin en août 1951, la République de Corée étant alors jugée capable de mener ses propres opérations. Hess accomplit en deux ans, deux cent cinquante missions  de guerre, sans aucune égratignure, sur son Mustang portant des marques de nationalité coréennes et l’inscription « By faith, I fly », peinte en caractères chinois sur le capot (ce qui ne devait pas faciliter l’identification par les troupes amies au sol..) ! Hess devint la fierté de la 5° Air Force.

Le film est présenté par le général Earl E. Partridge, l’ancien commandant de la 5° Air Force en Corée, qui se tient devant le Mustang n°18 de Hess. Quand il était jeune pilote, Partridge participa au tournage de «Wings» (1927). Le film raconte en fait deux histoires, l’entraînement des pilotes sud-coréens, et l’implication personnelle de Hess dans la création d’un orphelinat. Hess fut en effet profondément touché par le sort des nombreux orphelins de guerre.

Après la guerre, il avait été conseiller de « Dragonfly squadron » (1954) qui traite des premiers jours des forces aériennes sud-coréennes. Il écrivit ensuite sa propre biographie «Battle hymn», dont il vendit à Hollywood les droits, pour 60.000 dollars, destinés à son orphelinat. Il était également conseiller technique du film de Sirk. A chaque fois que le réalisateur voulait ajouter une scène fictive pour améliorer le film, Hess intervenait pour signaler qu’elle ne correspondait pas à la réalité et qu’elle devait être enlevée ! Douglas Sirk expliqua qu’il voulait mettre l’accent sur l’ambiguïté du personnage de Hess, à la fois, pasteur et soldat. Le personnage du moine guerrier n’est certes pas nouveau. Chez les pilotes de guerre, on sait qu’il n’y pas loin du goupillon au manche à balai. Qu’on se rappelle, lors de la première guerre mondiale, l’ « as-abbé », alias « le pilote de Sainte Thérèse », Jean Pierre Bourjade, qui envoya ad patres vingt huit pilotes allemands, sans compter les Drachen. Sirk admis que Rock Hudson n’était peut être pas le bon acteur pour ce rôle d’homme tourmenté, et que Robert Stack aurait mieux convenu, si on se réfère à sa prestation dans «La ronde de l’aube» (1957), du même réalisateur.

Un mois après l’invasion de la Corée, Dean Hess prêche à Westhampton (Ohio), se rappelant l’incident survenu pendant la seconde guerre mondiale où il bombarda, par erreur, un orphelinat (vu en flash back) tuant trente sept enfants. Il se sent toujours coupable, et décide de se rengager dans l’USAF pour calmer ses remords. En Corée, il est affecté à l’entraînement des pilotes de la jeune aviation sud-coréenne. Il doit partir de rien. Lors de l’attaque d’une colonne ennemie, un pilote noir, le lieutenant Maples, tire par mégarde sur un camion qui transportait des civils. Pour la première fois, Hess qui a dit à personne qu’il était pasteur, peut réconforter un homme qui se trouve dans la même situation que lui. De plus en plus d’enfants affluent autour du terrain d‘aviation, vivant sur les poubelles du mess. Hess rencontre une jeune métisse indo-coreénne, En Soon Yang, qui s’occupe justement d’un groupe d’orphelins. Il arrive à convaincre ses camarades d’aider cette femme, pendant leur temps libre, en réparant la maison qui abrite les enfants, en leur apportant de la nourriture. Hess apprend que sa femme a donné naissance à un fils, et il s‘'empresse d’en faire part à tout le monde, y compris à Soon Yang, qui commençait à éprouver des sentiments profonds à son égard. Les troupes nord-coréennes et chinoises avancent toujours plus vers le sud, et Hess et son ailier, Skidmore, doivent accomplir de dangereuses missions d’appui feu. Skydmore est touché et Hess doit le guider jusqu’au terrain. Mais Skydmore est mourant, et Hess l’accompagne dans son agonie. L’escadrille de Hess reçoit un ordre de repli, mais il réalise que la vie de quatre cents orphelins est menacée. Il cherche en vain un moyen de les transporter en lieu sûr. En Soon Yang et Hess conduisent les orphelins vers le sud, à pied. Un avion nord-coréen les attaque et tue En Soon Yang. C’est à ce moment qu’apparaissent des avions dans lesquels les orphelins peuvent embarquer. On les emmène à Cheju, une île au large de la côte coréenne, où un orphelinat a été construit. Le film prend fin sur la visite du colonel Hess et de sa femme, quelques mois plus tard, à l’orphelinat dédié à la mémoire d’En Soon Yang.

« Les ailes de l’espérance » est intéressant à plus d’un point. C’est un film bien fait, avec des scènes aériennes bien filmées, mais c’est aussi un film de propagande. Hess personnifie le guerrier chevaleresque qui ne tue pas à la légère. Son humanité est démontrée par son intérêt pour les faibles et ceux qui souffrent. Hess est un vrai « chevalier du ciel » dont la noblesse d‘'esprit est incontestable. L’USAF partagea ses préoccupations, d’où l’opération «Kiddy car» de sauvetage des orphelins. Hess fut sans doute un des précurseurs de nos actuels «soldats de la paix», mi guerriers, mi humanitaires, un concept encore mal défini...C’est aussi à notre connaissance, le premier film mettant en scène un pilote noir. Cinq ans après la seconde guerre mondiale, les pilotes noirs américains ne formaient plus des escadrilles à part, mais étaient incorporés dans les mêmes unités que leurs camarades blancs. Le lieutenant Maples du film rappelle le coéquipier noir de Hess, Ernest Craigwell.

Il est cependant regrettable que la carrière de Hess, si pleine d’action, soit banalisée dans cette biographie empreinte de piété, qui essaie de combler le gouffre existant entre son choix professionnel, pilote de chasse, et sa vocation religieuse. Aucun autre film sur la guerre de Corée met autant l’accent sur le facteur religieux et son importance pour les combattants. La seconde partie du film est entièrement consacrée aux orphelins pris entre deux feux. Ceux du film sont vingt cinq vrais orphelins venus de Corée, accompagnée par Mme Whang. Mais seul le petit Chu, le favori de Hess, retient l’attention. Il représente à lui seul, des milliers d’autres; cela simplifie certes le script, mais rend les autres beaucoup moins importants. Le film est cependant dédié « à tous les autres qui n’ont pu être sauvés ».

Hess força Sirk à s’en tenir au fait. Malgré cela, on est étonné du nombre de libertés prises avec la réalité. Ainsi, dans le film, Hess rejoint la Corée plusieurs semaines après l’invasion. En fait, il avait été rappelé comme réserviste par l’USAF dès juillet 1948, et affecté à des tâches administratives en Corée, en avril 1950, deux mois avant l’invasion. Dans le film, Hess reçoit la mission d’organiser les forces aériennes de la Corée du Sud et d’entraîner leurs pilotes, ce qui s’avéra être une tâche difficile, non seulement à cause du barrage de la langue, mais aussi de l’inertie de certains responsables militaires américains (dont MacArthur..) qui ne voyaient là que perte de temps, de personnel et de matériel ! Dans le film, Hess se sent coupable d’avoir bombardé accidentellement avec son P-51 (en réalité un P-47) un orphelinat allemand, et ne retrouve la paix intérieure qu’après avoir sauvé des centaines de jeunes vies en Corée. En réalité, Hess, qui était déjà pasteur quand il devint pilote de chasse, déclara qu’en Corée, il avait simplement fait ce qu’il avait pu pour sauver des innocents, et que les deux histoires n’étaient nullement liées. Dans le film, Hess passe tout son temps avec les orphelins, au risque de désobéir aux ordres. En fait, il se consacrait principalement à son travail, s’échappant de temps en temps, pour voir les enfants. Dans le film, il s’agit de quatre cents orphelins, en réalité il y en eut neuf cent cinquante qui furent transportés dans quinze C-54. Mais il est possible que cette différence tienne plus à un problème de logistique… Enfin, dans le film, le lieutenant Maples mitraille un camion de réfugiés situé à proximité d’une colonne de soldats nord-coréens. En réalité, ce fut une jonque pleine de civils qui fut coulée à proximité de barges de débarquements nord-coréennes, lors d’un assaut amphibie.

Bien qu’aucune de ces altérations ne soient cruciales pour l’histoire, elle la simplifie, pour accroître la noblesse du caractère de Hess. Le script ignore l’histoire de ses missions et son remarquable travail administratif, au bénéfice de clichés, comme l’amour non partagé de En Soon Yang et du dévouement de Hess aux enfants. La vraie En Soon Yang (On-Soon Whang) avait approximativement cinquante ans au moment des faits, alors que Hess en avait dix sept de moins, et elle était cent pour cent coréenne. C’était une amie du président de la république coréenne Syngman Ree, et de son épouse; elle survécut à la guerre et devint la directrice de l’orphelinat de Cheju. C’est à ce titre qu’il la rencontra en novembre 1954, à l’ambassade de Corée du sud à …Washington. Elle avait cent un ans en 2001 ! Quand les Chinois menacent Séoul, le rôle du chapelain presbytérien de la 5° Air Force, le colonel Russell L. Blaisdell, est totalement omis. Son rôle, reconnu plus tard par Hess, fut déterminant pour trouver les camions destinés à transporter les enfants d’Inchon à Kimpo, puis les avions, qui furent finalement accordés par le général Rogers, un des derniers officiers supérieurs présents encore à Séoul. Le livre  « Battle hymn », comme le film, firent l’objet d’une polémique autour du vrai rôle de Dean Hess.

Ce qui aurait pu être une chronique intéressante de la guerre personnelle d’un homme, à l’intérieur d’une guerre, est devenu une collection banale de clichés pieux et de platitudes sur le devoir et l’amour de Dieu.

La première du film eut lieu dans la ville natale de Dean Hess, à Marietta (Ohio) le 14 février 1957. La critique fut très partagée. Malgré cela, le public fut au rendez vous. Le film reçut un Golden Globe et rapporta beaucoup de dollars. Hess put payer les 60.000 $­­­­­­­­­­­­­­­ promis à Mme Whang pour son orphelinat. Rock Hudson bénéficia également de ce succès, et se retrouva en tête du box office, pour l’année 1957.


Les avions du film :

Le film contient quelques dogfights réalistes, filmés près de Nogales (Arizona) dont l’aéroport remplace celui de Kimpo (K14) en Corée. L’escadrille occupe un petit terrain avec une piste en terre, qui était situé à proximité, et figurait la base K-2 de Taegu. Le tournage eut lieu également sur le terrain de Fort Hood, où furent tournées les dernières scènes du film.

Hess fit quelques vols devant les caméras, mais c’est le directeur de l’aéroport de Nogales, Ken Slater, qui précipite le Mustang (un avion des surplus de l’USAF acheté par Universal) du capitaine Skidmore dans un tas de caisses, après un atterrissage problématique. Il reçut cet avion en guise de paiement.

Quatorze North American F-51D Mustang furent prêtés par le 182nd Fighter Bomber Sq., (149th FG) de la garde nationale du Texas, basée à Kelly Field (San Antonio), une des dernières unités à voler sur ce type d’appareil. Les studios utilisèrent également une cellule de F-51D (s/n 44-72379) débarrassée de son moteur, pour les prises de vues du cockpit. Cette cellule fut rachetée à Universal par Ascher Ward en 1970 et entièrement restaurée à Chino, avec le matricule N44727. Ce Mustang vole actuellement dans les meetings, portant le nom de "Man O War".

Les P-51D sont revêtus des marques de nationalité sud-coréennes, avec la lettre K sur la dérive et les numéros 3, 7, 9, 10, 15, 21 et 18, celui de Hess. Ils ont conservé certaines marques de leur unité d’origine, comme les casseroles d’hélice, les bandes de dérive rouges, et les bouts d’ailes de différentes couleurs, sans doute pour faire plus joli..

Dans le film, le numéro 18 de Hess est le F-51D (44-74960). Le vrai (s/n 44-74692) fut affecté au programme BOUT 1 le 8 octobre 1950. Il avait servi avec le 182nd FIS, de la garde nationale du Texas avant son transfert en Corée. Si, sur la coté gauche du capot moteur, le n°18 de Hess portait l‘inscription en chinois «By Faith I Fly », sur le coté droit, sous le cockpit, il y avait inscrit « Last Chance ». En 1944, son P-47 Thunderbolt portait déjà la même maxime, mais en latin : « Per fidem volo ».

Le casque doré avec l’emblème des Nations Unies que porte Rock Hudson dans le film, était le vrai casque de Hess. C’était un casque Gentex H-4 que Hess obtint d’un pilote de Skyraider de la Navy (VA-702), qui s’était crashé sur son terrain, en Corée. Ce casque est exposé au musée national de l’USAF de Wright-Patterson AFB, à Dayton (OH).

Une unité de réservistes fournit deux North American T-28A Trojan pour figurer les Yak auxquels ils ne ressemblent pas du tout. Ils sont peints de couleur gris clair avec des étoiles rouges simples, qui ne sont pas celles de la Corée du nord, ni celles de la Chine !

Pour l’opération « Kiddy car », cinq Fairchild C-119G Flying Boxcar (dont le s/n 53-80**) sont utilisés en place des quinze C-54 employés dans la réalité. L’avion du contrôleur aérien de l’avant (FAC) est un Cessna L-19A Bird Dog (s/n (53-7994).

Les scènes aériennes furent filmées à partir d‘un Douglas A-26 et d’un C-119, spécialement équipés Le C-119 était l’avion de soutien de la patrouille des Thunderbirds de l’USAF.



Christian Santoir

*Film en vente sur amazon.fr

 

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Creation date : 28/02/2008 : 08:04
Last update : 12/02/2011 : 07:48
Category : - Films
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