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LUCIANO SERRA, PILOTA


 
Année : 1938
Pays : Italie
Durée : 1 h 42 min.
Genre : guerre
Noir et blanc


Réalisateur : Goffredo ALESSANDRINI
Scénario : R.ROSSELLINI, Goffredo ALESSANDRINI

Acteurs principaux :
Amedeo NAZZARI  (Luciano Serra), Germana PAOLIERI  (Sandra Serra), Roberto VILLA (Aldo Serra), Mario FERRARI (le colonel Franco Morelli), Guglielmo SINAZ (Jose Ribera), Egisto OLIVIERI (Mr. Nardini), Andrea CHECCHI (Lieutenant Binelli), Oscar ANDRIANI (le chapelain), Olivia FRIED (Dorothy Thompson)

Musique : Giulio Cesare SONZOGNO
Photographie : Ubaldo ARATA
Producteur : Angelo MONTI
Compagnie productrice : Aquila Film

Avions :
-SIAI S.16 Ter
-Savoia Marchetti SM-56
-Fokker VIIb/3m
-Fiat CR-32 (en arrière plan)
-Ryan Brougham B5
-Romeo Ro.1
-Caproni Ca.133
-Savoia S-81 Pipistrello
-Caproni Ca.111 (en arrière plan)
-Savoia S-79 Sparviero (en arrière plan)
-Breda Ba.65(en arrière plan)



Notre avis :
 

Ce film fut à l'origine d'un grand scandale à la Mostra de Venise d'août 1938, où il fit sa première. Il reçut la coupe Mussolini, la plus haute récompense de la manifestation, avec le documentaire de propagande nazie, "Olympia" de Leni Riefenstahl. Le jury ayant choisi un film américain, les représentants de la France, de la Grande Bretagne et des Etats-Unis quittèrent la manifestation avec fracas, bien décidés à n'y plus revenir ! Cet incident fut à l'origine de la création du festival de Cannes, qui fut inauguré le 1° septembre 1939, une date bien inopportune ! Deux jours plus tard, le public sera convié à un autre type de manifestation, à grand spectacle, où il aura les premiers rôles.…

La réalisation de "Luciano Serra, pilota" aurait été supervisée par un des fils du Duce, Vittorio Mussolini, qui avait crée une compagnie nationale de production, l’"Anonima (ou Aleanza) Cinematografica Italiana". Ce film lui tenait à coeur car il se termine sur le front abyssin, où il avait combattu en 1935-36, comme pilote, avec son frère Bruno, dans la 14° escadrille de bombardement "Testa di leone". Mais la guerre en Ethiopie n'est qu' un épisode du film tourné à la gloire de la Regia Aeronautica. Comme beaucoup d'autres films, notamment américains, l'histoire tourne autour de la difficile reconversion d'un pilote, héros de la Grande Guerre, entre baptêmes de l'air, cirque volant, tentatives de records divers (Cf.
Charles Nungesser). Luciano Serra est un homme définitivement marqué par la guerre, incapable de se consacrer à sa famille et à son fils, qu'il aime pourtant plus que tout. "Ange de l'enfer" tombé du ciel, il ne sait que guerroyer. Le film ne nous dit pas si son fils connaîtra le même destin tragique. Le mal être de Luciano est le centre du film, plus que la propagande de commande, et on retrouve là, les préoccupations d'un Roberto Rossellini qui était assistant réalisateur du film et co-auteur du scénario. Quatre ans plus tard, il allait réaliser un film d'aviation, "Un pilota rItorna", où là encore, il va plus s'étendre sur les aspects humains, les souffrances des populations civiles dans la guerre, que sur les exploits du héros.


A la fin de la première guerre mondiale, durant laquelle il fut un as, Luciano Serra, gagne sa vie en promenant les touristes sur le lac Majeur, dans un vieil hydravion, acquis au prix de lourds sacrifices. Son jeune fils Aldo, a une grande admiration pour lui, et ne se lasse pas d'entendre compter ses exploits guerriers. Malheureusement, les revenus sont faibles, et son épouse, Sandra, essaie de lui faire choisir un autre métier, dans l'industrie ou le commerce, pour assurer les besoins de la famille. Elle le somme de se comporter en mari et père responsable, en acceptant l'aide de son père, pour que l'avenir de leur fils ne soit pas compromis. Mr. Nardini, le père de Sandra, est un riche commerçant en tissus; bien qu'opposé à la séparation de Sandra et de son mari, il accueille néanmoins sa fille et son petit fils. Luciano rencontre Franco Morelli, un camarade de guerre, qui lui présente des touristes américains, parmi lesquels, un certain Karl Thomson, le directeur d'une compagnie aérienne en Argentine, qui lui offre un poste, financièrement intéressant. Luciano accepte, et dit adieu à son fils. Il le recommande à Morelli, pour le conseiller et l'aider, ce que ce dernier accepte bien volontiers. Des années plus tard, Luciano est employé par un cirque, où il transporte un lion dans un avion ! Aldo devenu un jeune homme plein d'avenir, désire suivre les traces de son père et s'engage à l'académie aéronautique de Gorizia, avec l'aide de Morelli, qui commande la base. En Amérique, Luciano accepte l'offre d'un impresario de faire un vol sans escale, entre Buenos Aires et Rome. Le financement doit être assuré par un grand journal sportif. Mais les mois passent, et la traversée est sans cesse retardée, faute de crédits. C'est alors que Luciano apprend que son fils est entré à l'académie militaire pour devenir pilote, comme lui. Très ému, il veut que son fils continue à être fier de lui; il décide alors de partir sur le champ, avant que la police ne saisisse l'avion. Après plusieurs heures de vol dans la nuit, Luciano rencontre du mauvais temps et des vents contraires. A court de carburant, il se pose en mer. Les journaux annoncent qu'on a retrouvé des morceaux de son avion, échoués sur une île. Tout le monde le croît disparu. En Italie, Aldo poursuit sa formation et obtient son brevet de pilote. Peu de temps après, son unité est envoyée en Afrique orientale. Là bas, dans un train, on retrouve Luciano Serra qui s'est engagé chez les légionnaires italiens, sous un faux nom. Des Abyssins sabotent la voie pour faire dérailler le train. Aldo qui est en mission d'observation, juste à ce moment là, les repère, mais il est blessé. Il parvient néanmoins à se poser à proximité, et envoie son observateur avertir le conducteur du train, ce qu'il fait, bien qu'il soit touché à son tour. Le train est attaqué par des hordes d'Abyssins. Luciano apprend de la bouche de l'observateur blessé, que c'est son fils qui pilote l'avion ! Il décide alors de partir seul à son secours. Après s'être débarrassé de plusieurs attaquants, il retrouve enfin Aldo, et décolle avec son avion. Luciano est également blessé et il arrive à se poser de justesse sur une base italienne. Il meurt après avoir appris que son fils est hors de danger. Le colonel Morelli a reconnu Luciano; il lance aussitôt une mission pour secourir le train assiégé. Ses bombardiers dispersent les assaillants, au moment où les Italiens étaient près de succomber sous le nombre. Plus tard, en Italie, le colonel Morelli décore Aldo devant les troupes. La succession de Luciano Serra est bien assurée !

Ce film exalte l'amour filial, sinon les vertus familiales, et le dévouement à la nation. Le raid Buenos-Aires Rome (11.160 km) sans escale, est une pure fiction et rappelle simplement les raids accomplis vers l'Amérique (avec escales) par les aviateurs italiens, comme le colonel Francesco De Pinedo, vers Buenos Aires (avec retour par New York), en 1927, ou celui du général Italo Balbo, entre Rome et Rio de Janeiro, en 1931, avec toute une escadrille d'hydravions. Il y eut effectivement dans les années trente, aux Etats-Unis, des "lions volants"; pour attirer l'attention du public, des pilotes transportaient des lions (en cage) dans les airs. Roscoe Turner, faisait de la publicité pour la marque d'essence Gilmore, en emmenant dans son avion, un lionceau, appelé également Gilmore, muni d'un parachute sur mesure, exigé par la SPA locale  !

Comme dans la plupart des films des années trente, la production n'a utilisé que de vrais avions, sans aucune maquette. Tout a été tourné sur le vif, sur le lac Majeur, sur la base de Gorizia, et en Ethiopie, occupée par l'Italie, depuis 1936. Mais le paysage de type sahélien (Baobabs, Balanites, Calotropis) montre que le tournage eut lieu dans le nord du pays, ou plus exactement, en Erythrée, une colonie italienne, depuis 1890. Les scènes finales de l'attaque du train et de l'intervention des bombardiers sont particulièrement réalistes. Se déroulant, dans le film, sur la ligne Addis-Abeba Djibouti, le tournage eut lieu en réalité, sur un bout de voie ferrée, entre Keren et Akordat, à l'ouest d'Asmara.


Les avions du film :

Sur le lac Majeur, l'hydravion de Luciano est un SIAI (Società Idrovolanti Alta Italia) S.16 Ter, le même type d'appareil utilisé par de Pinedo pour son raid de 45.000 km, en 1927. Plus tard, on observe un petit amphibie Savoia Marchetti SM-56, qui descend dans l'eau, sur un plan incliné, moteur tournant. Cet avion, construit sous licence aux Etats-Unis, apparaît dans plusieurs films américains des années trente.

En Argentine, Luciano transporte un lion dans un Fokker VIIb/3m de couleur claire de la compagnie fictive " Aerea Panamericana". Cet avion était construit sous licence en Italie, par O.F.M.
(Officine Ferroviarie Meridionali) qui les dénomma Ro-10. Notons que la compagnie italienne "Ala Littoria" employait à l'époque du tournage, trois appareils de ce type, notamment sur les lignes intérieures de l'Afrique orientale. On a quelques vues du cockpit de ce Fokker italien, avec ses deux volants style automobile, les robinets de carburant fixés sur la cloison située derrière le pilote. La scène paraît avoir été filmée par une caméra située entre le tableau de bord (enlevé) et la cloison pare–feu du moteur central. Le cockpit du Fokker à l'aplomb des hélices, était sans doute très bruyant; Luciano enlève les tampons de ses oreilles quand il sort de l'appareil !

A Gorizia, plusieurs Fiat CR-32, qui était alors le chasseur standard de la Regia Aeronautica, sont alignés sur le tarmac. C'est avec cet avion que la patrouille acrobatique de la base fait un passage bas, en ligne de front, les avions étant inclinés alternativement, à droite et à gauche.

Pour entreprendre son raid transatlantique, Luciano dispose d'un Ryan Brougham B5, dont le nom est transformé en "Ranyan-Bellanca" dans le film. Ryan et le constructeur américain d'origine italienne, Bellanca, ne furent jamais associés, si ce n'est dans les records de distances remportés par leurs monomoteurs respectifs. Le Brougham était issu du Ryan NYP de Charles Lindbergh.

Lors de l'épisode éthiopien, on peut voir les principaux avions mis en oeuvre sur ce front, à l'exception des chasseurs. Aldo vole sur un Romeo Ro.1, un avion d'observation qui était un Fokker C-V construit sous licence. Il était équipé d'une mitrailleuse Lewis et fut très largement employé en Ethiopie. Le train est sauvé par l'intervention des bombardiers Caproni Ca.133, dont le "6-3" de la 6° Squadriglia, basée à Addis Abbeba. Parmi ces avions s'est infiltré un bombardier à aile basse, un Savoia S-81 Pipistrello de la 63° Squadriglia, de la même base. Vu en arrière plan sur un terrain, un Caproni Ca.111 monomoteur, fut un avion très utilisé en Afrique orientale.

A la fin du film, Aldo est décoré devant des dizaines de Breda Ba.65, alignés pour la parade, ces alignements d'avions étant très prisés par les actualités fascistes. Cet avion à tout faire (qui ne fit pas grand chose..) ne participa pas au conflit éthiopien, de même que le bombardier Savoia S-79 Sparviero, solitaire, au milieu d'eux.


Christian Santoir

* Film en vente sur Ebay
 




 
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Creation date : 21/08/2008 : 18:38
Last update : 01/01/2014 : 15:58
Category : - Films
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