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AVIATOR
Vo : The Aviator




Année : 2004
Pays : USA,
Genre : Aventures
Durée : 2h45
Couleur

Réalisateur : Martin SCORSESE
Scénario : John LOGAN (WGA)

Acteurs principaux :Leonardo Di CAPRIO (Howard Hughes), Cate BLANCHETT (Katharine Hepburn), Kate BECKINSALE (Ava Gardner), John C. REILLY (Noah Dietrich), Alec BALDWIN (Juan Trippe), Alan ALDA (Senateur Ralph Owen Brewster), Ian HOLM (Professeur Fitz), Danny HUSTON (Jack Frye), Gwen STEFANI (Jean Harlow), Jude LAW (Errol Flynn), Adam SCOTT (Johnny Meyer).

Musique originale : Howard SHORE
Directeur de la photographie : Robert RICHARDSON
Directeur des effets spéciaux : R. Bruce STEINHEIMER
Maquettes : Kevin McTURK
Coordination des cascades : Doug COLEMAN et Jean FRENETTE
Production : Miramax Films, Warner Bros

Avions :

-Fokker D.VII réplique (dont le N1918P) (en arrière plan)
-RAF SE.5  réplique c/n D3540, N125QB  (en arrière plan)
-Thomas Morse S-4C Scout N38923 (en arrière plan)
-Boeing 100 réplique
-Sikorsky S-38B, c/n BB-414-20, N28V
-Lockheed Super G L.1049H, c/n 4830, N6937C




Notre avis :

Après des dizaines de livres, des dizaines de documentaires sur le personnage, Martin Scorsese réalisa en 2004 un film sur le légendaire Howard Hughes. En 1963, la Paramount avait fait un film fortement inspiré de la vie du même homme « The carpetbaggers », où George Peppard incarnait un jeune milliardaire cynique et ambitieux, fan d’aviation. Ce film retrace une partie de la vie de Howard Hughes, du début de son film « Hell's Angels » jusqu'au vol de son hydravion géant, le « Spruce Goose », le plus gros avion de l'époque. Le film qui se déroule donc entre 1929 et 1947, traite principalement de sa passion pour les avions et le cinéma. Avec " Hell’s angels", Hughes voulait rééditer le succès du film " Wings" (1927) de William Wellman. Par la suite, il produisit dans les années trente, deux autres films sur la première guerre mondiale qui passèrent inaperçus : « Cock of the air » et « Sky devils ». Ces films utilisaient de nombreuses scènes aériennes qui ne furent pas retenues lors du montage de « Hells angels ». Après la guerre, il produisit deux autres films d’aviation, "Les diables de Guadalcanal"(1951) et  "Les espions s'amusent"(1950), avec John Wayne. Mais tout ces films n’eurent pas l’importance ni la renommée d’ « Hell’s angels ». Howard Hughes qui avait appris à piloter pendant le tournage de ce film, fut aussi un pilote de records : record de vitesse pure, record de la traversée des Etats-Unis sans escale entre Los Angeles et New York, tour du monde en trois jours et dix neuf heures. Il reçut de nombreux trophées (Harmond, Collier, Chanute..). Il fut aussi le concepteur d’avions modernes en avance sur leur temps, comme le H-1, le XF-11 et le gros porteur H-4 Hercule. En 1939, il devint actionnaire principal de la TWA et c’est à son instigation que fut construit le Lockheed Constellation.

Le film n’oublie pas ses relations tumultueuses avec les stars de cinéma, Katharine Hepburn, Ava Gardner, etc.…Il s’étend aussi sur la partie de bras de fer que Hughes engagea avec Juan Trippe, le directeur de la Pan Am, pour permettre à sa compagnie, la TWA, de pouvoir ouvrir ses lignes à l'international. Enfin, durant tout le film, on peut voir grandir sa névrose obsessionnelle qui le tourmentera jusqu'à la fin de ses jours.

En 1929, Howard Hughes tourne « Hell’s angels », un film d’aviation, au budget colossal, qui met en scène des dizaines d’avions. Malgré un battage médiatique de grande envergure, l’accueil du public et assez timide. Les premiers films parlant commencent à sortir, et Hughes reprend son film pour le sonoriser, ce qui fait exploser les coûts. Il s’éprend de l’actrice Katharine Hepburn, une femme libre aux allures de garçonne qui s’installe bientôt chez lui. Pendant ce temps, Howard Hughes surveille la construction de son nouvel avion, le H-1, un racer qui fait l’objet de recherches aérodynamiques poussées. Mais au premier vol, il finit dans un champ de betteraves ! Cet avion lui permet néanmoins de battre le record du monde de vitesse sur base. Puis il s’embarque sur un bimoteur Lockheed dans un tour de monde effectué en moins de quatre jours. Ses relations avec Hepburn se dégradent, et elle le quitte pour Spencer Tracy. Il est devenu, entre-temps, le principal actionnaire de la TWA, une compagnie dont il veut étendre le réseau à l’étranger. Il entre en concurrence avec le tout puissant Juan Trippe de la Pan Am. Hughes est convoqué par la commission de censure au sujet de son film « The outlaw », où le décolleté de son interprète, Jane Russell, est jugé indécent.… Il prend sous contrat une jeune fille de quinze ans, Faith Domergue, dont il favorise les débuts. Il s’éprend alors d’Ava Gardner. En essayant un nouvel avion d’observation pour l’armée, il s’écrase à Beverley Hills ; il est grièvement blessé. Juan Trippe intrigue avec le sénateur Brewster, pour obtenir le monopole du transport aérien international. Le nouvel avion de la TWA, le Lockheed Constellation, est cloué au sol, après plusieurs accidents. Howard Hughes sombre dans une grave dépression. Il s’enferme pendant des mois dans sa salle de projection sans voir personne. Katharine Hepburn, puis Trippe lui même, ne réussissent pas à le faire sortir. Seule, Ava Gardner se montre persuasive, au point que Hughes accepte de comparaître devant une commission enquêtant sur les cinquante millions de dollars de crédits qui lui ont été alloués par le gouvernement. Il s’en sort en contre attaquant, et en démontrant les relations troubles liant Brewster à la Pan Am. Hughes en sort renforcé. Il fait alors voler l’hydravion géant qu’il avait fait construire pendant la guerre, et dont plus personne n’espérait l’envol, le contrat ayant été annulé par l’Armée. Mais déjà, il pense à un autre projets d’avion de transport à réaction.

Le film suit d’assez près les biographies de Howard Hughes, tout en effectuant des raccourcis, ou en exagérant certaines situations. Quelques détails sont faux. Ainsi, ce n’est pas avec Jean Harlow qu’il accueillit les invités à la première d’ «Hells angels », mais avec son amie du moment, Billie Dove (qui était effectivement vêtue d’un fourreau blanc). Ce n’est pas Hughes qui eut l’idée de filmer les évolutions des avions devant des masses nuageuses (évoquant des mamelles laiteuses !) pour donner une impression de vitesse et rendre, à l’écran, la profondeur tridimensionnelle de l’espace aérien, ce fut William Wellman et le cinéaste Harry Perry, dans « Wings ».

Howard Hughes est certes un homme hors du commun. Il se vantait de pouvoir acheter n’importe quel homme au monde, la seule question étant : combien ? Une philosophie cynique qui n’en fait pas un personnage sympathique (sauf bien sûr, pour les hommes ou les femmes, qui se laissèrent acheter..). Ava Gardner dont parle le film, fut une des rares femmes qui résista à Hughes et à son argent. On ne voudra retenir de lui que sa contribution au film d’aviation, et surtout à l’aéronautique. Sa société, Hughes Aircraft, produira des avions, des hélicoptères, mais aussi des missiles et des satellites.

« The aviator » doit beaucoup au seul nom de Scorsese qui n’a pas signé ici son meilleur film. Cette biographie politiquement très correcte, ne nous apprend rien de nouveau sur le personnage. Oui, il était passionné d’aviation, oui, il sortit avec la moitié des stars d’Hollywood, oui, il finit reclus entouré d’une garde de Mormons et de ses bouteilles d’urine. Et après ? Il ne sombra pas dans la folie comme le laisse entendre la fin du film. Il garda toute sa tête et dirigea ses affaires (par téléphone) jusqu’à la fin de sa vie (1976), sa volonté de puissance restant intacte. Coté avions, l’aérocinéphile reste sur sa faim : quatorze minutes de scènes aériennes sur deux heures quarante cinq minutes ; un seul véritable avion et quelques répliques, à se mettre sous la dent, tout le reste n’étant que des maquettes de diverses tailles et des images de synthèse. Un peu maigre tout cela, et on appréciera modérément, à moins d’être amateur d’effets spéciaux.


Les avions du film :

Au sol, lors du tournage de «Hell’s angels », on voit alignées six répliques de Fokker D.VII (dont le N1918P, c/n 6880) qui sont multipliées, grâce à la magie de l’ordinateur. Remarquons que ces avions sont rouges, alors qu’ils auraient du être noirs, comme ils apparaissent sur les extraits du vrai film.

Une réplique de SE.5 (c/n D3540, N125QB) est équipée d’un moteur quatre cylindres à plat (on compte actuellement plus de soixante « SE.5 » aux Etats Unis !). Il faut y ajouter un vrai Thomas Morse S4C, restauré par Roger Freeman (N38923). Lors de la première du film, ce qui ressemble à un Sopwith Camel, suspendu au dessus de l’entrée du Grauman Chinese Theatre d’Hollywood, était en réalité, un Fokker DVII.

Le Sikorsky S-29/Gotha en image de synthèse est assez approximatif, surtout au niveau des fuseaux moteurs, confondus avec ceux d’un Vickers Vimy….

Le Boeing 100 que l’on ampute de son aile supérieure pour faire un racer, est une invention. Hughes eut bien en 1929 un Boeing 100A (N247K), un modèle biplace spécialement construit pour lui. Par la suite, cet avion subit de profondes transformations, par ajout d’un capot moteur NACA, de carénages de roues et par l’augmentation de la surface de la dérive. Mais on ne supprima pas l’aile supérieure !

Le Sikorsky S-38B (c/n BB414-20) avec lequel Hughes vient voir Katharine Hepburn est le seul vrai avion que l’on voit voler et amerrir. La rencontre se passa à Trancas Beach, à Malibu, où l’on tournait le film « Sylvia Scarlett » (1935), mais Hughes n’arriva pas en hydravion, il se posa sur un terrain de golf voisin. Hughes acheta en 1933, un S-38, avec le produit de la vente d'avions de "Hell's angels". L’appareil du film (N-28V), est un des deux seuls de ce type existant. Il appartient à la société Unlimited Adventure de Las Vegas (Nevada).

Le Lockheed Constellation de la TWA vu au sol, est en fait un Lockheed Super G L.1049H (N6937C, c/n 4830), avec réservoirs en bout d’ailes, reproduit à plusieurs exemplaires par ordinateur. Il est actuellement au "Air line History Museum" de Kansas City (KS). Le Super G ne vola qu’en 1951, donc, après l’époque supposée du film qui doit se situer en 1946. C’est en effet entre le 12 juillet et le 23 août 1946 que les Lockheed Constellation L.749 de l’époque furent interdits de vol suite à plusieurs accidents.

Tout les autres avions, parmi les principaux, sont des maquettes fabriquées par la société Aero Télémétry Systems de Long Beach. Ce procédé fut préféré aux images réalisées par ordinateur, pour des problèmes de coût et de réalisme.

Le H-1 fit l’objet de plusieurs maquettes de tailles différentes avec l'aide de New Deal Studios. Le film devait bénéficier d’une magnifique réplique de H-1 construite par Jim Wright de Cottage Grove (Oregon). Cet avion vola en 2002, mais fut détruit le 4 août 2003 dans un crash où Wright mourut. Dans le film, ont voit l’avion décoller avec ses ailes courtes peintes en bleu, alors qu'elles auraient du être rouges. En vol, il est équipé de ses ailes longues, de couleur bleue, ce qui est exact…Le vrai H-1 fit une seule et brève apparition au cinéma, dans le film de la RKO « Men against the Sky » (1940). Après un long stockage, il fut donné au Smithsonian Institute, en 1975. Il est exposé actuellement au National Air and Space Museum de Washington.

Le XF-11 apparaît sous la forme de maquettes de différentes échelles, dont l'une volante, à l'échelle 1 : 4, de 9 mètres d'envergure et propulsée par des moteurs électriques. L’accident du 7 juillet 1946 très spectaculaire est peu crédible; au premier choc l’appareil aurait du être entièrement détruit. Dans le film, il apparaît que l’avion est plus solide que les maisons ! Sur les vraies photos du crash, seule, une dérive était reconnaissable….

Le H-4 « Spruce Goose » (un surnom que Hughes n’aimait guère; en outre l’avion était construit en contreplaqué de bouleau, pas de pin) a une envergure supérieure à celle des A380 et Ant. 225 Mrya. Il fit son premier vol (à 21 m d’altitude) le 2 novembre 1947, pour être ensuite stocké jusqu’à nos jours. Il est actuellement au Evergreen Aviation Museum, de McMinnville (Oregon). Plusieurs maquettes très détaillées furent réalisées, dont une radio commandée de 7 mètres d'envergure. On reproduisit aussi le cockpit, ainsi que des parties grandeur nature de l’intérieur et de l’extérieur.

Le film utilisa aussi pour le tournage, et les prises de vues aériennes, deux avions que l’on ne voit pas, un Beech-18 et un North American B-25 J (N8195H) appartenant à Michael Pupich, de Van Nuys (CA).



Christian Santoir


 











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Date de création : 27/09/2006 : 19:12
Dernière modification : 27/06/2013 : 08:03
Catégorie : - Films
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