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ANNE-MARIE



Année : 1936
Pays : France
Genre : Aventure
Durée :1h49
Noir et blanc

Réalisation et adaptation : Raymond BERNARD
Scénario : Antoine de SAINT-EXUPÉRY
Co-adaptateur : André LANG

Acteurs principaux :
ANNABELLA (Anne-Marie), Pierre RICHARD-WILLM (L'Inventeur), Jean MURAT (Le Penseur), Paul AZAÏS (Le Boxeur), Pierre LABRY (Le Paysan), Christian GÉRARD (L'Amoureux), Abel JACQUIN (Le Détective),

Directeur de la photographie : Jules KRÜGER
Musique : Jacques IBERT, Arthur HONEGGER
Production : Auréa Films
Distribution : J.P. de VENLOO

Avions :
-Caudron C.600 Aiglon F-ANVO/ANVE/ANVF/ANSB/ANVB/ANZZ (en arrière plan)
-Caudron C.530 Rafale F-ANAO, c/n 1/6935
-Caudron C.640 Typhon F-AODN, c/n 01 /7172
-Caudron C. 630 Simoun  F-ANCG, c/n 10/6957
-Caudron C.410 Phalène F-ANCL, c/n 8/6962
-Caudron Luciole (en arrière plan)
-Gourdou Leseurre B6 (F-AGCH)
-Potez 60 Sauterelle (en arrière plan)
-Caudron C.490 F-AOJV, c/n 8/760  (en arrière plan)
-Breguet 274 c/n 1 F-ANHM
-Lioré et Olivier Leo.-20 ( en arrière plan)



Notre avis :

Ce film de Raymond BERNARD (le fils de Tristan BERNARD) réunit une nouvelle fois ANNABELLA et son mari Jean Murat, couple déjà vu dans
«l’Équipage» (1935). SAINT-EXUPÉRY avait commencé à écrire le scénario original lors de son séjour en Argentine (1930) et en avait repris l’écriture en 1933. Les droits du film lui servirent à acheter un Caudron Simoun avec lequel il tentera le raid Paris-Saïgon. Le tournage d’Anne-Marie commença en novembre 1934 et le film sortit en salles en avril 1936.

L’histoire met en scène une femme et six hommes, ce qui change de l’éternel trio. La femme, Anne-Marie, est ingénieur chez un constructeur d’avions. Parmi les hommes, on compte cinq pilotes surnommés : Le Penseur, Le Boxeur, L'Amoureux, Le Détective et Le Paysan; leur ami est un inventeur qui vient de fabriquer un « enregistreur d’accélération » pour avion. Il tombe amoureux du bel ingénieur. Après un incident de vol qui a mis la vie du Penseur en péril, Anne-Marie décide d’apprendre à piloter, avec l’aide des cinq pilotes qui finissent par succomber à son charme. Peu de temps après, elle passe son brevet de pilote. L'examen réussi, l'inventeur l'entraîne dans une promenade champêtre et lui fait une cour assidue à laquelle elle n’est pas insensible. Les pilotes essaient par tous les moyens d’évincer l’inventeur, prenant prétexte du fait qu’Anne-Marie se prépare à battre le record des 5000 kilomètres en circuit fermé et qu’elle a besoin de se concentrer. Le jour de la tentative de record, Anne-Marie s'envole en dépit du mauvais temps. Alors que l'avion tourne en rond dans le brouillard au-dessus d'Angoulême, l'inventeur a l'idée d'utiliser l'éclairage de la ville pour guider l'avion qui parvient à atterrir sans encombre. Anne-Marie échoue dans sa tentative, mais retrouve son amoureux, l'inventeur.
 


Malgré son adaptation, cette bluette possède encore, dans ses dialogues, dans les situations, une fraîcheur, une spontanéité propres à l’auteur du « Petit prince ». L’inventeur ressemble d’ailleurs un peu à Saint-Ex avec son côté bohème, son jardin de roses, son goût pour la poésie, les étoiles et ses recherches sur l’aviation. A part çela, on remarquera la futilité des personnages et la stupidité du scénario. Dans les films d'aviation, comme dans "Courrier Sud", on a l'habituel triangle amoureux (une femme, deux hommes), ici, Saint Exupery invente l'heptagone amoureux (une femme, six hommes) !

Par contre, la scène où les amis d'Anne-Marie envahissent la centrale électrique et se mettent à éteindre et à allumer les lumières de toute une ville, pour la guider, sans se soucier des conséquences (hôpitaux, ateliers, ascenseurs...), n'a pas été inventée par Saint-Exupery. Elle avait bien eu lieu, mais en Australie, où, en 1934, lors de la course Londres-Melbourne, la ville d'Albury avait guidé ainsi (en émettant le nom de la ville en Morse), le DC-2 de Parmentier, perdu dans la nuit.

Les années trente sont en France, comme à l’étranger, la grande période des records aériens en tout genre et le temps des meetings, des coupes. Les femmes ne sont pas en reste et participent également à la course aux records. Françaises, Allemandes, Anglaises, Américaines, mais aussi Italiennes, Russes, se livrent une lutte acharnée pour conquérir les records d’altitude, de vitesse, de distance, etc.. Ainsi, en 1936, en Angleterre, Amy Johnson bat le record de vitesse entre Londres et le Cap, alors que Beryl Markham traverse l’Atlantique nord en solitaire ; en France, Maryse Hilsz monte à 14 309 m (en biplan à cockpit ouvert !), et l’autre, Maryse Bastié, traverse l’Atlantique sud en monomoteur, en établissant un nouveau record ; aux USA, Louise Thaden remporte le trophée Bendix... La société Caudron a participé activement au film en fournissant avions et pilotes. Son chef des essais, Raymond Delmotte, a enrôlé plusieurs femmes pilotes comme Hélène Boucher qui se tua au moment où commençait le tournage. Soixante-dix ans plus tard, malgré ces vaillantes pionnières, l’aviation se conjugue toujours au masculin ; à part quelques femmes pilotes dans les compagnies aériennes, il y a peu de femmes pilotes militaires, encore moins pilotes d’essai.

Enfin, 1935-1936, c’est aussi l’époque où l’aviation sort peu à peu de l’artisanat et de l’empirisme. Le CEMA (Centre d’Expérimentation des Matériels Aériens) de Villacoublay, créé le 31 décembre 1933, fait appel à des méthodes d’essai plus scientifiques, comme le montre l’inventeur qui installe des «enregistreurs d’accélération» (on dirait aujourd’hui, des "accéléromètres") sur le Rafale.

 


Les avions du film :

Tourné sur l’aérodrome Caudron de Guyancourt, ce film montre de nombreux appareils, principalement des Caudron, ou plus exactement, des Caudron-Renault appartenant à la société du même nom. Commençons par les avions ayant participé activement au tournage :

-Caudron C.600 Aiglon, dont on peut voir plusieurs exemplaires, tous biplaces (F-ANVO/ANVE/ANVF/ANSB/ANVB/ANZZ). Le F-ANVO (c/n 72/7067) fut vendu en septembre 1936 à l’étranger, officiellement en Roumanie, mais peut-être en Espagne... Le F-ANZZ (c/n 68/7139) appartenait à l’Aéroclub d’Algérie.

-Caudron C.530 Rafale (F-ANAO, c/n 1/6935), appelé dans le film, « Rafale 7 », qui est le prototype ayant fait son premier vol le 26 juin 1934. Le F-ANAO a été utilisé par Hélène Boucher.

-Caudron C.640 Typhon (F-AODN, c/n 01 /7172), prototype qui vola le 17 juin 1935. On peut voir dans le film le tableau de bord très complet, avec horizon artificiel, gyrocompas, ainsi que le compartiment du radio-navigateur, à l’avant, qui normalement pour un grand raid, aurait dû être remplacé par un réservoir de 700 l d’essence. Le film servit en quelque sorte de publicité à cet avion, conçu à l’origine, comme un biplace postal. Maryse Hilsz reçut le n° 4 pour tenter le record de distance féminin détenu par Amelia Earhart. Cette tentative n’eut pas lieu pour une raison inconnue.

-Caudron C. 630 Simoun (F-ANCG, c/n 10/6957), ex C.520, qui sera transformé en C.635 (n°17). Cet avion appartenait à Caudron en 1936, et en 1939, il appartiendra à Maurice Hennessy, le producteur de cognac.Réquisitionné, il fut stocké, puis réformé à Limoges, en février 1941. Notons que le Simoun était quadriplace avec deux rangées de deux sièges, alors que dans le film, il emmène cinq personnes.

-Caudron C.410 Phalène (F-ANCL, c/n 8/6962) est aussi un avion récent au moment du tournage, puisqu‘il sortit en mai 1935.

-On observe, en arrière plan, quelques Caudron Luciole très répandus dans les aéroclubs.

-Enfin, le Gourdou Leseurre B6 (F-AGCH) à moteur Hispano de 350 ch., est l’avion de Jérôme Cavalli (appelé Capri, dans le film), pilote de la firme, avec sa décoration à losanges rouge et or. Cet appareil sera détruit en juin 1940, lors du bombardement de la région parisienne par la Luftwaffe. Entre 1934 et 1939, Cavalli participa à tous les grands meetings aériens. Dans le film, on parle de la préparation du «concours du monde d’acrobatie» (on ne parlait pas encore de «voltige»); s’agit-il de celui qui devait se tenir en juillet 1936, à Berlin, pour les jeux Olympiques ? Cavalli s’y classa seulement 13° sur 14.

En dehors de ces avions «acteurs», on aperçoit en arrière plan, un Potez 60 Sauterelle, appareil très courant dans les écoles, et un Caudron (pas Renault) C.490 (F-AOJV, c/n 8/760), un biplan d’école au look rétro, mais dont le prototype ne vola qu’en septembre 1935 et qui ne fut construit qu’à sept exemplaires. Encore plus lus rare, on entrevoit derrière le même avion, l’unique Breguet 274 n° 1 (F-ANHM), qui, malgré son statut militaire, fut piloté en 1935, par Maryse Hilsz, pour une tournée de présentation en Europe centrale. Elle remporta avec cet avion la coupe Hélène Boucher, le 31 août 1935.

Les autres avions militaires n’apparaissent que sous la forme d’un bombardier biplan Leo. 20, encore en service lors du film, mais déjà obsolète, et de maquettes de bombardiers, sans doute des Farman 221 dont on peut voir l’intérieur (poste de pilotage et place du navigateur). Il y a également quelques vues nocturnes d’un Dewoitine 500, sans marque apparente et sans camouflage. Ce type d’appareil fit son premier vol en juin 1932 et était encore en service au commencement de la guerre.


Christian Santoir

*Film rare
 

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Date de création : 26/10/2006 : 17:43
Dernière modification : 08/05/2013 : 11:02
Catégorie : - Films
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