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LE RAID EN AVION
Vo. Der Flug um der Erdball




Année : 1925
Pays : Allemagne
Genre : aventures
Durée : 6 épisodes de 21 min. environ
Noir et blanc
Film muet

Réalisateur : Willi WOLFF
Scénario : Robert LIEBMANN, Willi WOLFF

Acteurs principaux :
Ellen RICHTER (Eleonore Rix), Reinhold SCHÜNZEL (Louis Renard), Bruno KASTNER (Robert Rix), Anton POINTNER (Henry Turner), Hans BRAUSEWETTER (Paul Piquet), Claire LOTTO (Elisa Pakrenos), Paul BIENSFELDT (Werner Rix)

Photographie :    Werner BRANDES
Compagnie productrice : Ellen Richter Film GmbH.

Avions :
-LVG C.VI
-Friedrichshafen FF-49
-Curtiss N9 (images d'archives)
-Curtiss HS1-L (idem)


Notre avis :

« Le raid en avion » fut projeté sous la forme d’un long métrage en deux parties, ou d’une série de six épisodes. C’est cette dernière version restaurée récemment, et commercialisée par les éditions Lobster films, que nous présentons ici.

Au début des années vingt, bien que la femme se «libère», que les jupes et les cheveux raccourcissent, l’aviatrice est encore un personnage assez rare. Aux USA, à l’époque, on ne comptait guère plus d’une centaine de femmes brevetées. L’apparition de la femme volante faisait toujours sensation, et il est normal que le cinéma s’en soit très tôt emparée. En Allemagne, plusieurs femmes avaient obtenu leur brevet de pilotes; peu avant la première guerre mondiale. La première fut Melli Beese, suivie bientôt par Charlotte Möhring, Martha Behrbohm. Méli Beese avait pensé effectuer après la guerre, le tour du monde en hydravion, un projet qui n’avait pu être réalisé dans un pays subissant une profonde crise économique et sociale. Comme l’héroïne du film, son avion avait été saboté à plusieurs reprises par des pilotes misogynes ! Le tournage du film coïncida avec le premier tour du monde effectué par quatre avions de l’US Army. Partis de Seattle, le 6 avril 1924, ils revinrent le 28 septembre, après de très nombreuses escales, dont Vienne. Ce tour du monde par l’ouest avait donc duré 175 jours, la vitesse moyenne s’établissant autour de 125 km/h. Il est probable que cet exploit influença le scénario (le raid commence un 6 juin). Mais l’aventure de l’aviatrice Eleonor Rix de la série, apparaît quelque peu prémonitoire. Elle préfigure le tour du monde qu’Amelia Earhart tentera douze ans plus tard dans le même sens (vers l’est), accompagnée, comme Eleonor, d’un coéquipier. En fait, le premier tour du monde par une aviatrice sera accompli, par une anglaise l’Honorable Miss Victor Bruce en 1930, en solo, la traversée des océans ayant été effectuée toutefois en bateau.

En dehors de ces considérations historiques, « Le raid en avion » est une pure fiction et rappelle une bande dessinée avec ses aventures rocambolesques se passant dans des décors exotiques : Suez, Colombo, Singapour.. filmés en grande partie sur place. Le personnage de Paul Piquet, l’agent d’assurance débrouillard, amateur de knickerbockers, qui sauve l’aviatrice de plusieurs traquenards, n’est pas sans rappeler le Passepartout du « Tour du monde en 80 jours », et même le reporter Tintin (qui ne naîtra que quatre ans plus tard).

Cette série produite par une femme, Ellen Richter, également actrice principale du film et épouse du réalisateur, ne fait pas partie de la mouvance féministe. Richter avec ses robes tombant jusqu’aux chevilles et ses cheveux plutôt longs, son attitude réservée, n’a rien à voir avec l’américaine Clara Bow (Cf. Wings) qui est une vraie garçonne. En outre, les dernières « paroles » du serial sont plutôt machistes « même quand elle vole autour du monde, une femme atterrit toujours au bras d’un homme »…


1° Episode : Le départ de Paris

Sur un terrain d’aviation, près de Paris, la presse a été convoquée pour voir le nouvel avion de la firme Rix qui doit entreprendre un raid autour du monde. Mais l’avion s’écrase en blessant gravement le pilote, le fils du constructeur. Comme la réussite du raid permettra de sauver de la faillite la compagnie, sa soeur, Eleonore, décide de relever le défi et de partir à sa place avec un mécanicien. Ceci n’est pas du goût du constructeur concurrent, Renard, qui fait disparaître le mécanicien et le remplace par un aventurier recherché pour meurtre, Henry Turner, qu’il charge de faire échouer le raid à tout prix. Turner se fait passer pour un aviateur détenteur d’un record d’altitude, Garrick. Au dernier moment, un agent de la compagnie qui assure Eleonor, Paul Piquet ,embarque à bord de l’avion, malgré eux.

2° épisode : Paris-Gênes-Le Caire

Arrivée à Gênes, Eleonor décide de se débarrasser de Piquet. Pendant ce temps, Turner sabote l’avion en enlevant le câble de la commande de profondeur pour l’empêcher de décoller. Mais Piquet les retrouve, et monte à bord avec le câble qu’il a trouvé dans une barque. L’avion peut donc repartir pour le Caire. Arrivé dans la capitale égyptienne, Turner est convoqué par l’agent de Renard qui met fin à sa mission, pour manque de résultat. Turner décide alors de poursuivre le raid, mais cette fois, pour protéger Eleonor. Un avion a été mis en sûreté à Suez, mais la caravane d’Eleonor se perd dans le désert.

3° épisode :Suez-Colombo

Après quelque errance dans les sables, Eleonore et Turner, toujours suivis par Piquet, finissent par trouver Suez et l’avion. Mais l’agent de Renard essaie d’enflammer leur appareil en tirant sur un réservoir auxiliaire. La situation est sauvé par Piquet qui détache le réservoir et le jette sur le bateau du tireur ! Mais ils arrivent à Aden, en pleine épidémie de peste, et sont mis en quarantaine pour huit jours. Turner est reconnu par un médecin. Il avoue tout à Eleonor ; Renard le faisait chanter et ne l’a pas dénoncé, uniquement pour qu’il nuise à Eleonore. Il a été faussement accusé à Colombo, d’avoir tué sa maîtresse, l’épouse d’un certain Pakrenos qui est le véritable assassin. La quarantaine terminée, ils sont remis tous les trois dans l’avion par les autorités et partent vers Colombo. Pendant ce temps, à Paris, Renard révèle au frère d’Eleonor, le passé trouble de Turner, alias Garrick, qui est recherché par la police. Il convient d’avertir tout de suite Eleonor, et d’arrêter le raid, car sa vie est en danger.

4° épisode : Colombo-Singapour

A Colombo, Eléonore est fêtée par les membres du club dont fait partie le riche Pakrenos. Mais Turner tente de le tuer, en pleine réception !. Reconnu, Turner est sauvé de justesse par Piquet qui, déguisé en policier, l’emmène avec Eléonor, qui passe pour sa complice. Ils quittent Colombo nuitamment. Mais l’alerte a été donnée, et leur avion est descendu par une batterie de DCA au dessus de la mer. A Paris, on apprend qu’un bateau anglais a retrouvé l’épave de l’avion, et on les croit morts. En réalité, ils ont été recueillis par un bateau de trafiquants qui les emmènent à Singapour. A Singapour l’agent de Rix a été arrêté et leur nouvel avion a été saisi. Piquet va chez le représentant de Renard et promet de lui livrer Eleonor Rix et Turner, contre une forte somme. Piquet récupère l’avion et jette à l’eau l’agent de Renard. Ils peuvent repartir vers Hong-Kong.

5° épisode :Singapour-Omaha

Le représentant de la société Rix a caché l’avion à Canton. Là, Turner échappe de peu à un attentat. Avec Eleonor, il est  recherché par les hommes de Renard. Ils retrouvent sur le port Piquet, déguisé en tireur de pousse-pousse. Ils décollent pour Yokohama, mais apprennent en vol, par radio, que la ville a été détruite par un violent tremblement de terre. Ils se déroutent vers Kobe, pour faire le plein de carburant. Puis, ils rejoignent Honolulu après une escale dans l’île de Morell. Ils atterrissent à San Francisco en ayant effectué une traversée record du Pacifique en deux jours ! Après un accueil triomphal, ils s‘envolent pour New-York. Mais, peu avant Omaha, un sabotage rend l’appareil incontrôlable et il part en piqué.

6° épisode : Omaha-New York-Les Açores-Brest

Turner parvient à maîtriser l’appareil et à atterrir sans trop de casse. L’avion étant à  proximité d’une voie ferrée, il le transforme en machine ferroviaire jusqu’à ce qu’un train arrive en sens inverse. Mais il est aiguillé sur une autre voie, au dernier moment ! Parvenu à Omaha, l’avion est réparé, et les trois héros décollent pour New-York. La police y attend Turner. Piquet se fait alors passer pour lui, ce qui donne le temps à Turner et à Eleonor de décoller sans encombre pour la traversée de l’Atlantique. En l’air, ils s‘'aperçoivent que Piquet a réussi à embarquer ! Après une escale aux Acores, ils atterrissent enfin à Brest. Eléonore retrouve son frère, mais Turner est arrêté par la police. Peu de temps après, les résultats de l’enquête menée à Colombo, le disculpent définitivement. Il est libre. Renard est arrêté à son tour pour avoir saboté l’avion de Rix, à Paris. Turner et Eleonore peuvent enfin envisager un avenir commun.



Il est intéressant de s’attarder sur le raid d’Eleonore Rix. Elle utilise un avion terrestre et plusieurs hydravions, mis à disposition par les agents de la société Rix à Suez, Singapour, Hong-Kong. Le raid de l’US Navy avait aussi utilisé plusieurs avions, qui au gré des escales, étaient équipés de flotteurs ou de roues. Les performances annoncées sont excessives : Suez-Aden : 2430 km en 11h 20 min. soit 214 km/h ; Honolulu-San Francisco : 4600 km en 16 h soit  287 km/h ! Aucun avion de l’époque n’avait une telle vitesse, ni une telle autonomie. Le parcours employé est très différent de celui du raid américain. Il part vers l’est et traverse le Pacifique dans sa plus grande largeur par l’île de « Morell », sans doute Midway, puis Honolulu. Ce sera la ligne des clippers de la Panam dix ans plus tard, sauf qu’ils décolleront de Hong-Kong et non du Japon. Pour traverser l’Atlantique, Eléonore fait escale aux Acores, comme le Lt. Commander Albert Read de l’US Navy  auquel il avait fallu vingt trois jours et de nombreuses escales, en 1919, pour relier New-York à Plymouth.

Il y a quelques incohérences dans les dates. Le raid part de Paris « le 6 juin » et atterrit à New-York le 15 du même mois, alors que la quarantaine à Aden a duré huit jours ! Le tremblement de terre de Yokohama est un événement bien réel qui eut lieu le 1° septembre (1923), mais à cette date, Eleonore atterrit à Kobe… On ne connaît pas la date d’arrivée à Brest.


Les  avions du film :

Les scènes aériennes furent tournées en partie sur l’aéroport de Berlin Staaken qui, dans le film, est un terrain dans la banlieue parisienne. On reconnaît les installations et le grand hangar à Zeppelin caractéristique, qui abritait alors un studio de cinéma.

Il y a peu d’avions dans ce serial. Le raid est entrepris avec un LVG C.VI, un avion de reconnaissance de la première guerre mondiale utilisé juste après la guerre, pour le transport civil en Allemagne. Il en est de même de l’hydravion à flotteurs, qui est un Friedrichshafen FF-49, construit en 1917. Cet appareil très robuste, avait une vitesse maxi de 139 km/h, une autonomie de 800 km et il était bien incapable des performances qu’on lui prête dans le film. L’équipement de Turner est typiquement allemand et provient des stocks de l’armée impériale : casque Roold à bourrelets, lunettes Auer à bords carrés….

On utilisa également une maquette grandeur qui semble faite avec un fuselage d’Albatros C et une aile d’Albatros D.III, le tout monté sur flotteurs, ou sur roues.

En 1924, tous ces avions militaires étaient largement dépassés, et l’Allemagne produisait, à l’étranger (Suède, Hollande, URSS), traité de Versailles oblige, des avions bien plus modernes de construction métallique pour la plupart (Dornier Wal, Komet, trimoteur Junkers G-23..). En nous montrant de vieilles trapanelles, cette série est donc politiquement correcte et respecte le traité de Versailles, un traité fortement écorné depuis 1922, par celui de Rapallo. Signé entre la République de Weimar et l’URSS, ses clauses secrètes permettaient à l’Allemagne de développer son aviation militaire et d‘entraîner ses pilotes au pays des soviets.

Pour la séquence de New York, on peut apercevoir sur des films d’actualité, deux appareils américains, également contemporains de la première guerre mondiale : un hydravion Curtiss N9H à flotteur central, et un Curtiss HS1-L à coque. Au tout début, un document montre, rapidement, une rangée de Nieuport-Delage Nid 29, moteur tournant, le seul avion moderne du film et qui arrivait dans les escadrilles françaises, à l’époque du tournage.

Enfin, ceux qui ont le regard perçant verront, au début du film, en arrière plan, dans un hangar de Staaken, un De Havilland DH.34 avec une immatriculation assez visible G-EBCX. C’était un avion de la compagnie anglaise Daimler Hire qui faisait la ligne Croydon-Berlin en 1924.


Christian Santoir

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Date de création : 12/03/2008 : 18:35
Dernière modification : 19/08/2012 : 10:29
Catégorie : - Séries
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