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DOCTEUR FOLAMOUR
ou
Comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la Bombe.


V.o. Dr Strangelove or : How I learned to stop worrying and love the Bomb.




Année : 1963
Pays : Grande Bretagne
Genre : comédie
Durée : 1 h 36 min.
Noir et blanc

Réalisateur : Stanley KUBRICK
Scénario :Terry SOUTHERN d’après le livre de Peter GEORGE "Red Alert"

Principaux acteurs :
Peter SELLERS (Group captain Lionel Mandrake), Peter SELLERS (Président Muffley), Peter SELLERS (Docteur Folamour/Strangelove), George C. SCOTT (Général "Buck" Turgidson), Sterling HAYDEN (Général Jack D Ripper), Keenan WYNN (Colonel "Bat" Guano), Slim PICKENS (Major F J King Kong), Peter BULL (L'ambassadeur de Sadesky), Tracy REED  (la secrétaire de Scott ) Frank BERRY (Lieutenant H R Dietrich), James Earl JONES (Lieutenant Lothar Zogg), Robert O'NEIL (L'amiral Randolph), Jack CRELEY (Mr Staines)

Photographie : Gilbert TAYLOR
Musique : Laurie JOHNSON
Compagnie productrice : Hawk Film

Avions :
-Boeing B-52G (images d'archives)
-Boeing KC-135 (images d'archives)
-Boeing B-17G s/n 44-85643, F-BEEA (avion caméra)


Notre avis :

Lors de l’été 1959, le Strategic Air Command proposa un extension de son système d’alerte au sol, l’ «alerte en vol» qui consistait à maintenir en l’air, en permanence, des bombardiers armés prêts à se diriger vers leurs objectifs. Ce type d’alerte fut renforcée pendant la crise des missiles de Cuba, en octobre 1962, atteignant le niveau le plus élevé, juste avant l’état de guerre ! Des bombardiers parvenaient à proximité des frontières de l’URSS, leurs équipages étant préparés à attaquer s'ils en recevaient l’ordre. Après la crise, le niveau d’alerte fut abaissé avec une douzaine de B-52 maintenus en l’air avec leur charge nucléaire. La « Dirty douzain » resta en patrouille armée jusqu’en 1968, jusqu’à ce qu’elle soit remplacée par les missiles balistiques, et surtout, après qu’un B-52 fusse accidenté au Groënland en répandant quelques matières radioactives !

Dans «Le téléphone rouge» (1963), le scénario s’efforçait de convaincre le spectateur qu’il était impossible au SAC de déclencher une guerre nucléaire de façon accidentelle. « Dr Folamour » essaie de démonter le contraire, par l’absurde….

Le général du SAC Jack Ripper, commandant de la base de Burpelson, est devenu complètement fou et s’imagine que les Communistes ont fomenté un vaste complot pour empoisonner l’eau potable des Etats-Unis. Il décide alors de ne pas rappeler les B-52 qui atteignent leur point de non retour et leur envoie l’ordre d’attaquer leurs cibles en URSS. Il fait en outre couper toutes les communications de la base avec l’extérieur. Le président des Etats-Unis, Mufley, convoque ses conseillers ainsi que l’ambassadeur soviétique dans la salle d’opérations du Pentagone. Il est impossible de rappeler les bombardiers équipés d’un système automatique de sécurité et seul, Ripper, connaît le code de rappel. Contre l’avis de son chef d’état major, le général Turgidson, qui voit là une belle occasion de se débarrasser définitivement des Communistes, il entre en communication avec le premier Ministre Kissov et lui apprend la désastreuse nouvelle. Kissov réplique que si l’URSS est touchée il déclenchera une machine atomique infernale qui détruira tout sur la planète ! Pendant ce temps, les parachutistes attaquent la base de Burpelson pour arrêter le général Ripper que son adjoint, l’officier britannique Mandrake, n’arrive pas à raisonner. Ripper finit par se suicider et Mandrake réussit à trouver le code de rappel. Une trentaine de bombardiers reçoivent ce rappel, trois sont abattus par les Soviétiques, mais un B-52 commandé par le major King Kong n’a été que légèrement endommagé et continue sa route vers ses objectifs, sous la couverture radar. Il faut envisager le pire. Le savant d’origine allemande, le Dr Strangelove, explique que le gouvernement et une population sélectionnée (où l’on compterait un homme pour dix femmes..) pourrait survivre dans des galeries de mines, mais qu’il leur faudrait y séjourner une centaine d’années avant que la radioactivité disparaisse ! Au dessus de l’URSS, après avoir réussi à ouvrir les portes de la soute à bombes qui étaient endommagées, le major King Kong lance la première bombe alors qu’il est assis à califourchon dessus ! Elle va entraîner une série de réactions en chaîne et la fin du monde.

Le film iconoclaste de Stanley Kubrick est reconnu comme une des meilleurs satires de l’histoire politique et cinématographique américaine. Servi par d’excellents acteurs dont Peter SELLERS et George SCOTT, il est constamment réédité. Son succès est dû en partie, à ce que ce film avait été basé sur des faits précis, tout à fait authentiques. Kubrick s’inspira du livre de Peter GEORGE, un ancien officier de la RAF, mais il lut aussi plus d’une cinquantaine de livres sur la question, et rencontra une douzaine d’experts. « Dr Folamour » apparut au moment le plus glacial de la guerre froide (la crise des missiles de Cuba) et juste avant l’escalade au Vietnam. Ce film osait suggérer que les généraux américains étaient cinglés, que les commandants de bord du SAC étaient une bande de cow-boys, et que le système complexe destiné à préserver la paix, était en fait une machine infernale incontrôlable, avec des dispositifs de sécurité pleins de failles. L’USAF déclara que les prémisses du scénario étaient faux, et que les B-52 retournaient à leur base dès qu’ils avaient atteint le point de non retour, à moins qu’ils aient reçu des ordres verbaux spécifiques pour attaquer, ce qui était l'inverse du scénario.

Le film pose aussi le problème de l’autorité civile contournée par l’autorité militaire. Le général Ripper qui déclenche «sa » guerre, ressemble par bien des côtés (le cigare, la façon de s’exprimer..) au général Curtiss Le May, l’ancien patron du SAC, et le chef d’Etat Major de l’USAF au moment du tournage. Sa méfiance à l’égard des autorités civiles, dont le Président (J.F. Kennedy), était bien connue de son entourage.. Quant au Dr Strangelove, son modèle serait à rechercher chez Werner Von Braun, ou mieux encore, chez Herman Kahn, un expert atomiste de la Rand Corporation, très écouté par les responsables de l’USAF. En 1960, il avait écrit un livre « On Thermonuclear War » que Stanley Kubrick avait lu plusieurs fois. La fin du film s’inspire directement de ce livre. Ripper explique au Président que le choix est entre 10 à 20 millions de morts chez les Russes, contre 150 millions, en URSS et aux USA, si on leur permet de répliquer avec toutes leurs armes nucléaires. Cette hypothèse d’après guerre figure dans le livre de Kahn. Ce dernier contient également un long chapitre sur les galeries de mines et les survivants qu’il imagine partant d’un nouveau pied «avec un désir ardent, presque religieux, de reconstruction», ce qui est pratiquement le discours de Dr Strangelove.

Finalement, le film de Kubrick ne fait qu’illustrer la célèbre phrase de Clemenceau (citée au début du film et prononcée en 1886) : « La guerre ! C’est une chose trop grave pour être confiée aux militaires »….



Les avions du film :

L’USAF refusa, comme il fallait s’y attendre, toute collaboration après la lecture du scénario. Kubrick utilisa donc des documents filmés comme pour le générique où l’on voit un Boeing B-52G ravitaillé par un KC-135. L’avion du major King Kong est une belle maquette montrant tantôt un B-52G, tantôt un B-52H. La courbure des ailes est bien représentée ; elle est maximum à faible vitesse et aux grands angles d’attaque.

Le cockpit du B-52 fut reconstitué en studio à grand frais (environ 100.000 $­­­­­) d’après des photos publiées dans un magazine d’aviation anglais. Le résultat étonna même certains personnels de l’USAF, au point d’éveiller l’attention du ministère de la Défense. A l’époque tout ce qui concernait le B-52 était « classified ».


Le Boeing B-17G (s/n 44-85643, F-BEEA) de l'IGN a été utilisé pour certaines prises de vue aériennes. On voit sa silhouette se profiler sur la banquise, quand le B-52 vole vers l'URSS...

La bombe nucléaire enfourchée par le major King Kong ressemble vaguement à une Mk.28 qui fut en service de 1958 à 1966, mais elle semble trop grosse. La Mk.28 avait un diamètre de 58 cm et une longueur maximale de 4 m 30. Les modèles ultérieurs furent de plus en plus petits.

Les dernières images du film constituent une véritable « champignonnière atomique » combinant plusieurs explosions nucléaires, ayant eut lieu en 1945 près d’Alamogordo (Trinity test), et en 1946 sur l’atoll de Bikini, dans le cadre de l’opération Crossroads (Able, Baker tests).



Christian Santoir



 


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Date de création : 24/04/2008 : 16:42
Dernière modification : 19/04/2010 : 13:40
Catégorie : - Films
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Réactions à cet article

Réaction n°2 

par christian le 04/07/2008 : 21:56

L'avion qui décolle de nuit est un Boeing B-52H, extrait d'un documentaire. Les autres vues du B-52 sont des maquettes avec retro projection de paysages de montagnes.

Réaction n°1 

par Desertfox le 04/07/2008 : 18:40

C'est vrai que le cokpit du B-52 est très bien réalisé, cela donne un aspect quasi-documentaire. A noter que Peter Sellers ayant déjà 3 rôles dans le film devait jouer également le rôle du commandant de bord. Lorsque l'alerte rouge est déclenchée, on voit un avion décoller de nuit d'un aérodrome militaire, est-ce aussi un B-52 ? Est-ce que ce plan est une archive ? Je suis très curieux n et si vous avez la réponse, merci d'avance ! k